Quitter une grande ville : ce que disent les chiffres de l'Insee
Mis à jour le 23 octobre 2026
Parmi les personnes de un an ou plus recensées en 2023 (France hors Mayotte), 90,1 % vivaient un an plus tôt dans le logement qu’elles occupent. Les autres avaient déménagé : 3,4 % dans leur commune, 6,5 % depuis une autre commune ou depuis l’étranger. Le fichier « Migrations résidentielles » de l’Insee, publié en juin 2026, relie la commune de résidence d’aujourd’hui à celle d’un an avant. Il permet de compter, ville par ville, ceux qui arrivent et ceux qui partent.
Ce guide le lit pour les 42 communes de plus de 100 000 habitants : 10,1 millions d’habitants, 15 % de la population.
On déménage moins qu’avant
La part des personnes qui avaient changé de commune (ou d’État) dans l’année est passée de 7,5 % en 2012 à 7,2 % en 2017, puis 6,5 % en 2023. Dans les 42 grandes villes, elle recule de 7,3 % à 6,2 % entre 2012 et 2023, soit à peu près autant qu’en France. Sur l’ensemble des déménagements, y compris dans la même commune, la part passe de 11,6 % à 9,9 %.
Ces trois dates ne forment pas une série annuelle. Elles montrent un mouvement lent, pas un exode.
Les départs dépassent les arrivées dans presque toutes les grandes villes
Dans l’année avant le recensement, 681 800 habitants des 42 villes sont partis vers une autre commune de France, soit 6,7 % de leur population. Dans le même temps, 550 700 sont arrivés d’une autre commune de France, soit 5,4 %. Le solde est de 131 000 personnes en moins, soit 1,3 % de la population de ces villes.
Le solde est négatif dans 39 villes sur 42. Sa médiane est de −0,9 % de la population ; il va de −2,9 % à +0,2 %. Pour les trois plus grandes, il est de −2,3 % à Paris, −2,3 % à Lyon et −0,9 % à Marseille. Ces chiffres décrivent un écart entre départs et arrivées, pas une perte d’habitants : une ville peut gagner des habitants par les naissances et par les arrivées de l’étranger. Celles-ci représentent 1,0 % de la population des grandes villes, contre 0,44 % en France.
Où vont ceux qui partent
Un peu plus du tiers de ceux qui quittent une grande ville (34,9 %) s’installent dans le même département. 24,5 % vont dans un autre département de la région et 40,6 % dans une autre région. Pour l’ensemble des déménagements entre communes en France, ces parts sont de 56,4 %, 18,6 % et 25,0 %. Ceux qui partent d’une grande ville sortent donc plus souvent de leur région que les autres.
Les arrivées dans ces villes viennent encore plus souvent d’ailleurs : 45,6 % d’une autre région, 26,9 % d’un autre département de la région et 27,5 % du même département.
Qui arrive
Dans les grandes villes, 43,7 % des arrivants ont entre 15 et 24 ans, contre 23,4 % en France : les études et le premier emploi pèsent lourd. Les enfants de 1 à 14 ans ne forment que 7,5 % des arrivants, contre 15,7 % en France.
Ce profil est compatible avec l’idée que les familles quittent les grandes villes. Il ne la prouve pas : le fichier ne donne pas l’âge de ceux qui partent.
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Pourquoi. Le recensement ne demande pas la raison d’un déménagement. Un départ peut venir d’un achat, d’un emploi, d’une naissance, d’un divorce ou d’un climat local, et le fichier ne les distingue pas.
- Les événements récents. Les données de 2023 ont été publiées en 2026. Ces fichiers ne relient aucun événement (troubles à l’ordre public, hausse des loyers, fait divers) à des déménagements, et ils n’en montreront l’effet que des années plus tard, s’il existe. Pour les chiffres de faits enregistrés par la police et la gendarmerie, voir le guide Délinquance enregistrée : comment lire les chiffres officiels.
- Les départs à l’étranger. Le fichier ne compte que les personnes qui vivent en France un an plus tard. Le solde des 42 villes exclut les arrivées de l’étranger et ne mesure aucun départ vers l’étranger. Mayotte est absente.
- Les petits flux. Les chiffres viennent d’enquêtes de recensement pondérées. Un flux entre deux petites communes est imprécis, d’où le choix de regrouper ici les villes plutôt que d’en comparer deux à deux.
- Paris, Lyon et Marseille. Le fichier ne donne que les arrondissements. Les totaux des trois villes sont reconstitués en additionnant leurs arrondissements, sans compter les déménagements d’un arrondissement à l’autre. Paris formant un département à elle seule, tout départ de Paris sort de son département. Les trois villes pèsent pour un tiers de la population des 42 : leur poids tire les moyennes. Le guide sur les arrondissements explique les limites de ce découpage.
Comment s’en servir
Pour une ville précise, croisez ces mouvements avec ce que le site affiche déjà : le prix au mètre carré et la place de la taille de la ville dans ce prix. Le comparateur met jusqu’à trois villes côte à côte. Les fiches n’affichent pas encore les flux de déménagement. Le fichier complet, commune par commune, est publié par l’Insee (lien ci-dessous).
Sources
- Insee, Migrations résidentielles en 2023 : lieu de résidence actuelle – lieu de résidence antérieure (base flux de mobilité), publié le 25 juin 2026, géographie au 1er janvier 2026. Départs, arrivées et destinations.
- Insee, recensement de la population 2023, tableau « migrations résidentielles » par âge et lieu de résidence antérieure (jeu DS_RP_MIGRES_PRINC), éditions 2012, 2017 et 2023. Évolution, âges, arrivées de l’étranger.
- Calculs du site : population de plus de 100 000 habitants au sens du fichier (personnes de 1 an ou plus), arrondissements regroupés par ville.
Ce qu’il faut retenir
En un an, les 42 plus grandes villes ont vu partir 6,7 % de leurs habitants vers une autre commune et arriver 5,4 %. Le solde est négatif presque partout, d’environ un point de population en médiane. Les partants vont plus loin que la moyenne des Français qui déménagent, et les arrivants sont surtout des 15-24 ans. Rien dans ces données n’explique pourquoi on part, ni ne permet de dire si les départs ont changé depuis 2023.