Guide

Comment lire un DPE, et ce qu'il coûte vraiment

Mis à jour le 7 septembre 2026

Sur chaque fiche de ce site figure une part de logements classés F ou G. Ce chiffre vient des diagnostics de performance énergétique déposés à l’ADEME. Voici comment le lire.

Ce que mesure un DPE

Un DPE attribue à un logement deux notes, sur une échelle de A à G : sa consommation d’énergie et ses émissions de gaz à effet de serre. La lettre affichée est toujours la plus mauvaise des deux. Un logement très bien isolé mais chauffé au fioul peut ainsi être classé E à cause de ses seules émissions.

Depuis la réforme de juillet 2021, le calcul ne dépend plus de vos factures mais des caractéristiques du bâtiment : isolation, menuiseries, système de chauffage, ventilation, orientation. Deux occupants aux habitudes opposées obtiennent donc le même DPE pour le même logement. C’est ce qui rend l’indicateur comparable d’une commune à l’autre.

Un DPE est valable dix ans. Ceux réalisés avant juillet 2021 suivent l’ancienne méthode et sont moins fiables : c’est pourquoi les diagnostics récents sont progressivement les seuls retenus.

Ce que chaque classe coûte

L’échelle est exprimée en kilowattheures d’énergie primaire par mètre carré et par an.

ClasseConsommationOrdre de grandeur annuel pour 70 m²
Amoins de 70quelques centaines d’euros
B70 à 110modérée
C110 à 180référence courante
D180 à 250la classe la plus répandue en France
E250 à 330sensiblement au-dessus de la moyenne
F330 à 420passoire thermique
Gplus de 420passoire thermique

L’écart n’est pas marginal. À surface égale, un logement classé G consomme couramment trois à quatre fois plus qu’un logement classé C. Sur une maison de 100 m², la différence de facture annuelle se chiffre en milliers d’euros, chaque année, aussi longtemps que rien n’est fait.

C’est la raison pour laquelle ce chiffre mérite d’être regardé avant d’acheter, au même titre que le prix au mètre carré. Un bien vingt pour cent moins cher qui consomme trois fois plus n’est pas une affaire.

Le calendrier qui change tout

La loi Climat et Résilience interdit progressivement la mise en location des logements les plus énergivores. Les logements classés G sont concernés depuis janvier 2025, les F le seront en 2028, et les E en 2034.

Ces échéances ne rendent pas un logement invendable, mais elles pèsent sur sa valeur : un bailleur qui ne peut plus louer devra rénover ou vendre. C’est pourquoi les fiches de ce site affichent séparément la part de logements classés E, F ou G — c’est-à-dire l’ensemble du parc concerné à terme, pas seulement celui qui l’est déjà.

Une commune où ce chiffre est élevé connaîtra, dans les années qui viennent, soit une vague de travaux, soit une pression à la baisse sur les prix d’une partie de son parc. Les deux méritent d’être anticipés.

Comment lire le chiffre d’une commune

La part de passoires thermiques dépend d’abord de l’âge du bâti. Une commune au centre ancien dense affichera mécaniquement plus de F et G qu’un lotissement des années 2000. Un chiffre élevé n’est donc pas un défaut de la commune : c’est une caractéristique de son parc.

Deux précautions de lecture.

D’abord, tous les logements n’ont pas de DPE. Seuls ceux vendus, loués ou rénovés depuis 2021 en ont un. Le chiffre décrit donc le parc qui circule sur le marché, pas l’intégralité du parc — ce qui est précisément ce qui intéresse quelqu’un qui cherche à s’installer.

Ensuite, une commune n’est pas homogène. Une moyenne communale mélange le centre ancien et les quartiers récents. Elle donne un ordre de grandeur, pas le diagnostic du bien que vous visiterez. Celui-là, exigez-le : il est obligatoire dès l’annonce.

Ce qu’il faut retenir

La lettre affichée est la plus mauvaise des deux notes. L’écart entre C et G se chiffre en milliers d’euros par an. Le calendrier d’interdiction de location touchera les E dès 2034, ce qui concerne une part considérable du parc français. Et une moyenne communale sert à comparer des communes entre elles, jamais à juger un logement en particulier.

Autres guides