Guide

Pourquoi comparer une commune de 2002 à 2026 n'est pas si simple

Mis à jour le 8 septembre 2026

Les fiches de ce site affichent vingt-deux ans de résultats électoraux pour chaque commune. Cette promesse a un point aveugle qu’il vaut mieux connaître : entre 2015 et 2019, des milliers de communes françaises ont changé de périmètre, parfois plusieurs fois.

Ce qui a changé, concrètement

Une loi de 2015 a facilité la création de communes nouvelles : plusieurs communes voisines fusionnent en une seule entité, avec un nouveau nom ou l’un des noms existants, un nouveau code INSEE ou la reprise de l’un des codes anciens. Le mouvement a été massif, la France comptant plusieurs milliers de communes de moins qu’avant cette vague.

Concrètement, une commune qui vote aujourd’hui sous un même nom et un même code INSEE peut recouvrir, en 2010, deux ou trois villages distincts qui votaient chacun séparément, avec leurs propres résultats, leur propre participation, leurs propres bureaux de vote.

Le problème que ça pose pour l’historique

Sans traitement particulier, une requête sur les données brutes de l’Intérieur donnerait des trous ou des doublons : le code INSEE actuel n’existe pas dans les fichiers de 2002 ou de 2007, puisque la commune, sous cette forme, n’existait pas encore.

Le nombre de communes recensées baisse ainsi mécaniquement d’une élection à l’autre dans les fichiers bruts — non pas parce que des communes disparaissent, mais parce qu’elles se regroupent. Publier un historique qui s’arrêterait net à la première fusion rendrait la comparaison dans le temps impossible pour des milliers de communes.

Comment ce site reconstitue l’historique

L’INSEE publie un fichier des mouvements de communes, qui trace chaque événement : quelle commune ancienne a rejoint quelle commune nouvelle, et à quelle date. Ce site s’appuie sur ce fichier pour reconstruire une table de correspondance qui relie chaque code historique à la commune actuelle correspondante — parfois en remontant plusieurs fusions successives, une commune ayant pu changer de périmètre à deux reprises entre 2015 et 2019.

Une fois cette correspondance établie, les résultats des anciennes communes sont additionnés sur le territoire actuel : inscrits, votants, voix par candidat. Une commune nouvelle née de la fusion de trois villages affiche ainsi, pour les scrutins antérieurs à sa création, la somme de ce que ces trois villages avaient voté à l’époque — c’est-à-dire exactement ce que ce territoire, dans son périmètre actuel, aurait voté s’il avait existé sous cette forme.

Le cas qui ne se résout pas : les scissions

Certaines communes ont suivi le chemin inverse : une commune nouvelle créée par fusion s’est ensuite défaite, tout ou partie revenant à une existence séparée. Dans ce cas, l’addition ne fonctionne plus dans l’autre sens — on ne peut pas répartir a posteriori le résultat d’une commune fusionnée entre les territoires qui la composaient, faute de savoir comment les voix se répartissaient précisément entre les anciens villages.

Les quelques dizaines de communes concernées par ce cas sont signalées sur ce site par la mention « historique partiel » : leurs résultats les plus anciens portent sur un périmètre différent de celui affiché aujourd’hui, et ce point est indiqué explicitement plutôt que masqué.

Ce que ça change pour la lecture d’une fiche

Dans l’immense majorité des cas — les fusions simples, largement majoritaires — la reconstruction est fiable et transparente pour l’utilisateur : la courbe de vote d’une commune couvre bien vingt-deux ans d’un même territoire, tel qu’il existe aujourd’hui. Le petit nombre de cas plus complexes est signalé plutôt qu’ignoré, conformément à la ligne de ce site : mieux vaut une limite affichée qu’un chiffre faussement précis.

Ce qu’il faut retenir

Des milliers de communes ont fusionné entre 2015 et 2019 ; sans traitement, leur historique électoral serait tronqué. Ce site les recompose en s’appuyant sur le fichier officiel des mouvements de communes de l’INSEE, en additionnant les résultats des communes d’origine sur le territoire actuel. Les rares cas de scission, non reconstructibles, sont signalés directement sur la fiche concernée.

Autres guides